La flore du Québec

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La flore du Québec m’inspire. Sur la Rive-Sud de Montréal, où j’habite, j’aime marcher sur le bord du fleuve Saint-Laurent pour la contempler, au gré des saisons, d’un pas lent, munie de mon appareil photo dans l’espoir de saisir un moment, un instant de poésie en chemin…

J’aime les petites choses, celles qui échappent au marcheur trop pressé. Il s’agit souvent de minuscules insectes et autres fascinations. Mais de tous les sujets, ce sont les fleurs sauvages et indigènes que je préfère. Celles qu’on appelle, à tort, mauvaises herbes!

Mon petit livre

J’ai gardé une vieille édition d’un livre du groupe Fleurbec qui date des années 80 : Plantes sauvages des villes et des champs. Un petit livre tout usé qui pourrait paraître désuet, mais qui est tout de même assez complet. Ce livre, c’est du folklore pour moi.

Chacun à leur tour, quand mes enfants étaient plus petits, je leur proposais toujours cette activité. On partait avec le petit livre et on allait identifier les fleurs. Essayer de les repérer, les reconnaître, mémoriser leurs noms. Mes deux enfants ont toujours adoré ça. Je les entends encore s’exclamer fièrement « Maman, c’est de la lupuline » ou encore « Maman, de la vesce jargeau! ».

Je revois l’étonnement dans leurs yeux la première fois que j’ai déterré une tige de carotte sauvage pour leur faire sentir la racine. Leur air surpris et presque médusé en constatant que ça sentait vraiment la carotte! Mon garçon n’a pas tardé par la suite à répéter l’expérience avec ses amis, chaque fois que l’occasion se présentait, excité de partager cette trouvaille, tel un trésor caché.

flore du québec

Carotte sauvage

La carotte sauvage en pleine floraison est magnifique. Des milliers d’ombelles de petites fleurs blanches, grandes ouvertes, envahissent les champs. J’adore aussi quand elle se referme, prenant l’apparence d’un nid d’oiseau alors qu’on peut apercevoir ses magnifiques petits fruits velus.

C’est d’ailleurs à partir des graines de la carotte sauvage que l’on extrait l’huile essentielle. J’affectionne énormément cette essence. La plupart du temps, elle a une odeur chaude et terreuse, mais elle possède des qualités très différentes d’un terroir à l’autre.

Dans mes soins pour le visage, j’utilise la carotte du Québec, cueillie et distillée par des artisans d’ici. Je l’utilise principalement pour ses propriétés thérapeutiques, car elle est une grande amie de la peau. Revitalisante, elle est capable de régénérer autant les peaux sèches, mixtes que grasses.

Dans mes parfums et sérums corporels, je préfère utiliser l’huile essentielle provenant de la Bulgarie. L’arôme est incomparable. L’odeur chaude et terreuse est toujours bien présente, mais elle est enveloppée de notes très florales, sucrées, avec une facette camphrée qui s’apparente à la cardamome. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai associé ces deux essences dans plusieurs de mes produits. Carotte et cardamome se marient à merveille.

carotte sauvage graines

Tanaisie

Une autre des fleurs dont j’aime beaucoup l’huile essentielle est la tanaisie. Il en existe deux variétés : annuelle et commune (vulgaire). La première, aussi appelée camomille bleue, pousse surtout au Maroc et donne une huile essentielle riche en chamazulène qui lui confère d’ailleurs sa couleur bleue, aux propriétés très semblables à celles de la camomille allemande.

C’est important de ne pas confondre tanaisie annuelle et tanaisie commune, les deux étant très différentes d’un point de vue biochimique. C’est la tanaisie commune que l’on trouve ici au Québec. Son huile essentielle est très intéressante sur le plan olfactif, mais demande des précautions d’usage.

C’est que la tanaisie commune contient de la thujone, une molécule neurotoxique en usage buccal et pouvant être abortive. C’est cette même molécule que l’on retrouvait en forte concentration dans la liqueur d’absinthe à l’époque et qui provoquait des effets psychotropes semblables à ceux du THC.

Certains utilisent la tanaisie au jardin comme répulsif naturel contre les insectes nuisibles. En huile essentielle, je l’utiliserai probablement en petite quantité dans un parfum pour apporter une touche unique. Son odeur très caractéristique, fraîche, herbacée et camphrée, me plaît beaucoup.

 

tanaisie

Verge d’or

La verge d’or est cette jolie plante médicinale indigène qui pousse en abondance partout en Amérique du Nord. J’utilise son huile essentielle dans mon sérum de jour, principalement pour ses propriétés anti-inflammatoires. Elle aide à renforcer les capillaires sanguins des peaux sujettes à la couperose.

J’aime son arôme complexe à la fois vert, floral, résineux, légèrement piquant et citronné… assurément une belle essence d’ici à découvrir. Pas étonnant que les abeilles l’aiment autant!

Achillée millefeuille

Autrefois appelée herbe à dinde, l’achillée millefeuille (prononcez akilé) est employée depuis l’Antiquité, principalement pour ses propriétés cicatrisantes. On raconte que c’est en l’utilisant pour soigner les blessures de guerre d’Achille, héros de la guerre de Troie, que le nom achillée millefeuille lui aurait été attribué.

L’huile essentielle d’achillée millefeuille possède de nombreux bienfaits pour la peau. En plus d’être cicatrisante, elle est astringente, tonifiante, décongestionnante et réparatrice. C’est un excellent tonique veineux. Elle est sans danger et elle n’agresse pas la peau. Cette huile fait également partie de la composition de mon sérum de jour.

Monarde

La belle monarde, dont l’huile essentielle de la variété « géraniol » est encore méconnue au Québec, est une huile aux propriétés très semblables à celles de l’arbre à thé (tea tree) et du palmarosa.

Elle est antifongique et antibactérienne, mais également tonifiante, raffermissante, astringente et cicatrisante. Une autre huile essentielle d’ici qu’on retrouve dans mon sérum de jour en raison de ses nombreux bienfaits!

monarde

Inspiration

La nature m’inspire et ces longues promenades contemplatives m’apaisent et me branchent à la terre. Travailler avec les plantes et leurs essences est un privilège. D’ailleurs, plusieurs fleurs sont trop fragiles pour la distillation ou toute autre forme d’extraction de leurs molécules aromatiques.

On dit d’elles qu’elles sont muettes, bien que certaines soient pourtant très odoriférantes. On doit respirer leur délicate essence, sur le moment. Impossible de dérober leur âme… Je pense entre autres au muguet et au lilas. Si vous voyez ces notes dans un parfum, sachez qu’il ne s’agit pas d’essences naturelles.

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À bientôt!

Viviane

chicoree

Coccinelle sur chicorée sauvage

 

fleur hiver

Une fleur en hiver

Suggestion de lecture sur le sujet :

Secrets de plantes tomes 1 et 2 de Fabien Girard
Fleurs sauvages des villes et des champs tomes 1 et 2 du groupe Fleurbec
L’aromathérapie, applications thérapeutiques de Michel Turbide
Ainsi que toutes les publications d’Anny Schneider, auteure et herboriste

Viviane

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