Mont Brome (Partie 2)

     Ce matin le ciel se couvre et se dégage par intermittance. Espérons qu’une fois sur place on aura droit à un peu de soleil pour accompagner notre petit périple en montagne. Renaud m’accompagne. On file donc droit devant sur la 10 pour rejoindre le Mont Brome et reprendre cette fois-ci la montée que je n’avais pas pu compléter avec ma fille il y a 2 semaines à cause de….l’importance, ou plutôt, l’extrême urgence qu’elle avait de se rendre à son souper de Saint-Valentin. Nous n’avons donc personne qui nous attend à la maison, et rien d’autre à l’agenda pour constituer un prétexte pour nous empêcher de compléter notre ‘’mission’’.  

    Comme la dernière fois, ça fourmille de monde à la station, mais même si la saison de ski bat son plein, l’immensité du stationnement nous garantit une place. Une fois arrivés à destination on casse la croûte rapidement en s’envoyant, pour terminer, 2 ou 3 morceaux de chocolat derrière la cravate. On se dirige ensuite vers la boutique de location. Cette-fois-ci ce sera en raquettes. La dernière fois j’avais ‘skippé’’ cette étape, ce qui avait occasionné une montée un peu plus hardue. Les bons outils font le bon travail ! Une fois la location réglée on enligne la montagne pour aller débuter notre ascension. Connaissant déja par où aller prendre le sentier on perd moins de temps à se chercher que la première fois. 

   Le temps est très humide, le vent est frais et les nuages gris foncés se succèdent dans le ciel….mais la vie est belle, on garde le sourire et on apprécie le port de nos raquettes qui nous facilitent vraiment la tâche. Je suis toujours surpris de constater l’endurance de mon fils de 13 ans qui avance d’un pas régulier avec énergie et détermination. Surpris, car il n’y a pas si longtemps c’était encore un jeune enfant. Quand je vois des enfants de 4, 5 ou 6 ans ça me rappelle comment le temps avance rapidement, bien sûr, mais ce qui accentue encore plus cette impression, c’est la transformation physique spectaculaire de l’enfance à l’adolescence. La vie nous fait vivre des montagnes russes en tant que parent mais l’émerveillement de voir grandir et se transformer nos enfants valent bien les soucis rencontrés en cours de route.   

   Pour nous rendre au sommet, passage obligé, nous coupons à travers quelques pentes de ski sur le même tracé que nous avions, moi et ma fille, emprunté quelques semaines auparavant. La température s’alourdit au fur et à mesure qu’on avance, la poudrerie se fait un peu plus intense et le ciel se couvre de plus en plus. Rendu au dernier tier de notre montée, je constate que nous ne croisons plus personne. Un léger sentiment de solitude m’envahit, comme si la montagne avait été désertée. Seul avec Renaud face aux éléments, comme si l’esprit de la montagne se réveillait et était de mauvais poil. La poudrerie fait en sorte que la visibilité est de plus en plus réduite. Je chasse un léger sentiment d’inquiétude qui se pointe le bout nez. Mon cell est chargé à bloc, pas de problème…mon bidule électronique comme ultime ressource !

J’ai dû entendre  »CRIC, CRAC » !!! Renaud prend ça en riant !

Àrrivée à environ 200 mètres du sommet, j’entrevois un skieur dans sa descente comme sorti d’un nuage, sûrement l’ange Gabriel ! Quelques secondes plus tard, un autre…et puis un autre. Finalement on est pas si seul que ça ! C’est fou comme l’imaginaire peut s’emballer parfois. Pouvoir contrôler son état d’esprit est une des plus belle faculté à apprendre à développer ici bas…..ici haut aussi !   À deux pas de la station un skieur s’arrête près de nous et nous informe quand même que dans ces conditions il n’y a aucun randonneurs dans les parages, seulement des skieurs, soulignant du coup notre témérité. Il nous invite à aller nous réchauffer dans le bâtiment qui culmine juste à côté du débarquement du monte-pente. Ce que nous faisons avec empressement. Enfin ! Une fois à l’intérieur, nous dégustons ce petit cocktail de chaleur et de sécurité en admirant les différents points de vue au travers les énormes baies vitrées tout autour de nous. Cet immense chalet aux allures scandinaves a été construit récemment (2019), de l’intérieur nous pouvons plonger notre regard au loin pour avoir une vue imprenable sur Bromont.

   L’aventure prend toujours son sens dans les imprévues et se termine idéalement par un heureux dénouement. C’est ce qu’on souhaite ! Blottit dans notre chaise, un chocolat chaud bien crémeux aurait été divinement délectable ! Mais le resto du chalet est fermé alors on a bouffé ce qu’il nous restait de chocolat dans nos réserves ! 

 Une fois nos énergies revenues, nous entamons notre descente. Cette dernière est habituellement toujours beaucoup moins longue que la montée. La poudrerie a cessée. Nous rencontrons un mignon petit porc-épic en chemin, amateur de hauteur, ce n’est pas assez pour lui, il se met à grimper dans un arbre ! Il entaîne mon regard vers le ciel qui, curieusement se met à se défaire de sa robe grise pour laisser passer quelques rayons de soleil. La descente s’annonce douce et facile ! 

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Mario Landry
Mario Landry

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