Mont Saint-Hilaire

Propriété de l’Université McGill depuis 1958 et couvrant une bonne partie du territoire du Mont Saint-Hilaire, la réserve naturelle Gault nommée en référence à son ancien propriétaire, Andrew Hamilton Gault, couvre plus de 1000 hectares de zones naturelles protégées. Elle constitut la première réserve mondiale de la biosphère au Canada. La gestion du lieu est assurée par l’Université McGill en partenariat avec le Centre de la nature du Mont Saint-Hilaire, un organisme de bienfaisance, permettant ainsi au public d’y avoir accès. Ce magnifique lieu a ceci de particulier qu’il renferme une forêt volontairement  »non contrôlée », laissant ainsi le bois mort se décomposer naturellement pour permettre aux écosystèmes en place d’établir leur propre équilibre, à l’mage des forêts anciennes. 

  C’est donc avec empressement ce matin que moi et Renaud partons à la rencontre de ce lieu unique. Un périple qui sera d’ailleurs aussi particulier que le lieu que nous partons visiter.

  Je crois que le mot ‘’galère’’ n’a jamais été aussi bien choisi pour définir l’aventure d’aujourd’hui. Nous sommes partis tôt, en direction de Saint-Hilaire, sous un ciel menaçant, alors il fallait bien s’attendre au pire pour les heures à venir. Mais nous étions ‘’crinqués’’, déterminés à compléter notre excursion, nous avons donc amené avec nous des vêtements en conséquence.

   Nous arrivons donc sur place, le stationnement est quasi désert étant donné la mauvaise température. En descendant de mon véhicule je me sens un peu insouciant d’être ici aujourd’hui dans ces conditions…..mais choisissons le terme plus élégant ‘’d’audacieux’’ !! Le ‘’state of mind’’ est important pour toute ‘’mission », grande ou petite alors aussi bien se renvoyer une image positive que dépréciative !! J’accroche donc mon sourire et ma bonne humeur et me dirige vers le panneau d’entrée pour prendre connaissance du circuit qui nous amènera jusqu’au point culminant du mont Saint-Hilaire. ‘’Reach for the top’’ ! Celui-ci est situé à 414 mètres d’altitude. 

À peine quelques minutes après nous être éloigné de notre point de départ, la petite bruine du début se transforme soudainement en pluie intense.

Dois-je spécifier qu’il n’y avait pas foule sur place, c’est à peine si nous avons rencontré 2 ou 3 personnes en cours de route. Probablement des ‘’elfes’’ qui regagnaient en douce leurs abris souterrains !

Se dessine alors devant nous, l’aventure au sens propre, le sentiment de se retrouver au Moyen-âge dans la forêt mythique de Brocéliande ! Une ambiance intensément brumeuse, des arbres aux branches entortillées, certains couchés, recouverts de lichen de formes et de couleurs innommables, des portions de sentiers faites de larges pierres polies par la pluie et le vent au fil des siècles, traversées par des enchevêtrements de racines, tels des serpents qui n’attendent que votre passage pour s’enrouler autour de vos chevilles, jusqu’à temps qu’une immense plante carvirore finisse le travail et pfft !! Vous disparaissez, engloutis et transformés, minéral et végétal, pour nourrir encore plus le décor luxuriant ! Héhé ! Désolé mais le spectacle devant nos yeux est tellement inspirant, assez pour exacerber les élans poétiques de tous les Rimbaud de ce monde. Les éléments ont beau se déchaîner au dessus de nos têtes, le spectacle demeure grandiose, à la limite de l’onirique.

À chaque fois que nous croyons arriver au sommet, c’est pour constater qu’il reste encore un bout à faire. Nous avançons, silencieux, complètement transis. Les bas dans mes bottines ont absorbés tout ce qu’ils avaient à aborber d’eau, c’est maintenant mes pieds qui baignent. Renaud, devant moi, a l’allure d’un petit viking, pas une seule plainte, il avance contre vents et marées ! Je suis coi d’admiration ! 

Finalement, mon fils, qui est à plusieurs mètres devant moi, se lance dans un sprint qui ressemble à l’élan du randonneur qui aperçoit l’objectif ultime de son périple. C’est effectivement le cas, son cri me confirme que nous y sommes ! Je m’élance donc à mon tour avec l’énergie qu’il me reste pour le rejoindre. Rendu là-haut, quelques mésanges s’énervent autour de nous comme si elles partageaient notre joie d’être enfin arrivée à destination. 

Le temps de bien se positionner pour admirer les différents points de vue, je me rend compte que même si les formes au bas de la montagne sont moins bien définies que par temps clair, le spectacle n’en est pas moins magnifique. 

Quel que soit le tableau que la nature nous présente, nous pouvons toujours y retrouver une grande source d’émerveillement. C’est la raison d’ailleurs pour laquelle j’ai eu cette initiative de réaliser ces ballades en montagnes au tout début, le désir d’aller à la rencontre, de cotoyer de près cette beauté, sans artifices, celle que la vie a su construire patiemment au fil des millénaires sur cette terre. Notre impact, nos gestes actuels et à venir, au quotidien, seront déterminant pour sa préservation et pour le maintien de notre survie. Prenons-en soin ! 🌱

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Mario Landry
Mario Landry

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