Mont Yamaska

   Quelques flocons tombent ce matin, mais on ne sait jamais ce que le ciel nous réserve comme changement tout au long de la journée. Nous sommes rendus à gravir notre 8 ième motérégienne sur un total de 10. Même si un boisé de montagne reste un boisé, je me rend compte qu’à venir jusqu’ici chaque montagne à sa propre personnalité. Et sans vouloir être trop ésotérique, je dirais que chacune abrite un esprit ou une ambiance particulière.

Pour réaliser cette excursion ça a été un peu ardu, la montagne n’est pas accessible aux randonneurs car elle demeure privée. Heureusement, par contacts interposés nous avons réussi à avoir un laissez-passer. Le fait qu’il n’y ait pas du tout de sentier et d’itinéraire fixe, créait aussi une certaine inquiétude. Je me posais des questions au niveau de la densité de la forêt à savoir si au cours de notre montée nous pourrions établir des repères visuels au bas de la montagne. 

Finalement mes inquiétudes étaient non fondées. Les difficultés, bien que mineures, allaient être d’un tout autre ordre. Au début il y avait assez de neige, donc les raquettes faisaient le travail, mais rendu environ à mi parcours, des crampons auraient été beaucoup plus pratiques. D’ailleurs nous avons dû laisser nos raquettes à l’abri sous un rocher bien identifiable en cours de route pour continuer simplement bottes au pied. 

Nous sommes en mars, donc ce parcours sans sentiers est recouvert en alternance de neige, de glace, de terre ferme et de quelques petits escarpements rocheux. Même si la montagne culmine à seulement 461 mètres, elle nous a donné quand même du fil à retordre. Il nous a fallu prendre quelques pauses tout au long pour reprendre notre souffle. 

Une fois arrivés là-haut nous découvrons un réseau de conduits qui récupère l’eau d’érable. Bien que le concept soit ingénieux, il n’en demeure pas moins que cela affecte le coup d’oeil sur le milieu naturel qui nous entoure.  

Le temps de prendre quelques photos, nous tentons tant bien que mal de résister au vent qui souffle de plus en plus violemment…au point d’entendre un concert de branches qui craquent au dessus de nous. Nous baissons la tête, plissons les yeux et entamons notre descente en suivant les traces que nous avons laissées sur notre passage. À mi-chemin nous récupérons nos raquettes là où nous les avions laissé. Le ciel se dégage de plus en plus au fur et à mesure que nous descendons. Rendu presqu’au bas de la montagne, nous concluons notre randonnée par une course en raquette qui se terminera par un match nul entre moi et mon fils 😅 . Ensuite on passe du mode cardio au mode repos.   

Ce type de randonnée sans sentiers peut parfois nous amener quelques surprises car la neige n’est pas tout le temps soutenue par un sol plat. Il peut y avoir des creux, dissimulés sous la neige, peu profonds mais quand même assez pour vous occasionner une entorse. Et quand la couche de neige est légère, peu dense et pas assez épaisse et qu’il y a des roches en saillis en dessous cela peut abimer les raquettes. Bien que de tels inconvénients soient typiques aux randonnées hors sentiers, surtout au début et à la fin de l’hiver, il n’en demeure pas moins qu’il est toujours agréable de vivre le sentiment de liberté de se retrouver en pleine nature à improviser son propre parcours en forêt. Il faut seulement être bien préparés.

   Le mont Yamaska sera notre seule randonnée hors sentier au cours de notre parcours montérégien. Une expérience très singulière que nous avons bien apprécié. Une fois nos 10 montérégiennes complétées, nous aurons sûrement une autre occasion de vivre ce type d’expérience qui entre plus dans la catégorie ‘’orientering’’ ou parcours ‘’out of trails’’. L’achat d’une boussole devra sûrement être envisagé !

Cette entrée a été publiée dans Plein air. Ajouter aux favoris ce lien.
Mario Landry
Mario Landry

Laisser un commentaire