Sainte-Catherine – Waterloo à vélo

      Il est 4h45 am. Dans mon lit, je tourne d’un bord et de l’autre, plus capable de me rendormir, trop excité à l’idée de partir sur les pistes. Je me lève donc… J’ai déja préparé mes trucs la veille ; l’itinéraire, un sandwich, quelques crudités, des noix, du chocolat et de l’eau. Je déjeune en vitesse et part à la brunante…disons à la noirceur ! Je suis fébrile à l’idée de faire cette randonnée car elle représente quelque chose de symbolique pour moi. J’ai fait plusieurs fois cette ‘’ride’’ à l’adolescence alors c’est comme si je reprenais du service après toutes ces années. C’est fou comme le temps file ! Ayant continuer de me tenir en forme tout au long des décennies qui me précèdent, je devrais bien m’en sortir avec un minimum de courbatures ! Cette ballade marquera donc le début d’une série de randonnées que je compte faire sur les routes à vélo et en montagnes ces prochains mois. 

 Je traverse donc avec empressement le seuil de ma porte et enfourche mon vélo. Dans le désert matinal de mon quartier de banlieue, les premiers coups de pédale font monter en moi un sentiment intense de liberté, comme si j’ouvrais la porte à un nouveau chapitre de ma vie qui se veut plus en phase avec mes valeurs de santé, de plein air et d’aventures. Au loin dans le ciel, une lumière intense crée une ouverture dans la nuit qui d’ailleurs n’est plus là encore pour longtemps.

   Je traverse donc les villes de Candiac et de Saint-Philippe en prenant quelques photos ici et là à mesure que la lumière du matin s’installe. Je dois par contre me raisonner car j’ai quand même un peu plus de 100 km à parcourir. Environ 40 minutes après mon départ les quelques percées de soleil qui commençaient à éclairer le paysage, décident de se retirer. Le ciel se couvre de plus en plus et quelques minutes plus tard il pleut averse. Heureurement ça ne dure pas, 

Presbytère de l’Acadie

une pluie légère prend le relai. Ce qui ne constitut pas un problème pour le moment mais en continue sur tout le trajet ça n’augure rien de bon pour mon confort. 

Quelques minutes plus tard, arrivé à Saint-Jean dans le secteur de L’Acadie, la pluie s’arrête. J’aurai le reste du parcours pour que mes vêtements redeviennent aussi sec que s’ils étaient étendu sur une corde à linge dans le désert de Gobi ! Ou presque ! 😉 

  Au confin de Saint-Jean-sur-Richelieu, je quitte définitivement le fait de rouler sur l’accotement des routes secondaires pour atteindre enfin la Montérégiade. Cette piste cyclable, qui fait partie intégrante du réseau de la route verte vous mène jusqu’à Granby, en passant par plusieurs villages dont celui de Farnham où j’en profiterai pour casser la croûte. Tout au long du circuit on peut apercevoir de part et d’autre des cultivateurs s’affairer sur leur terre avec leur machinerie lourde. Le brouhaha de fond que crée cette activité agricole ne m’empêche pas de croiser sur mon chemin, à la hauteur de Sainte-Brigide, 2 renardeaux qui ne semblent pas intimidés par ma présence. Plus loin, j’aperçois, un grand pic qui martèle vigoureusement un arbre, sûrement pour s’offrir un festin de fourmis. Cette faune ne semblent pas troublée par l’activité humaine qui s’anime tout autour.  

Oeuvre le long de l’Estriade

 Construite à l’emplacement d’une ancienne voie ferrée, le circuit de 48 km de la Montérégiade est en majeure partie pavée d’asphalte, le reste est en poussière de roches. Peu dénivellé, le trajet peut constituer une belle initiation pour de futures plus longues randonnées. 

  Tout en continuant mon chemin je m’éloigne peu à peu du secteur agricole de Sainte-Brigide pour me diriger vers l’Ange-Gardien où j’arriverai environ une heure plus tard. Comptez environ 17 km pour réaliser cette portion et un autre 20 km pour atteindre la ville de Granby. En ce mois de novembre la piste est quasi déserte, c’est à peine si je rencontre une ou deux personnes en chemin. Cette tranquilité me plonge dans un état presque méditatif, comme si le temps s’arrêtait. Certe perte de notion du temps fait en sorte que j’arrive à Granby avec l’impression que la distance parcourue depuis l’Ange-Gardien était plus courte qu’elle ne l’est en réalité.

L’Estriade

L’entrée à Granby prend la forme d’un retour à la civilisation par contraste à la longue portion de l’itinéraire traversant les terres agricoles. On peut en profiter pour casser la croûte de façon plus substantielle au lieu de grignoter la trousse de survie et autre nourriture sèche qu’il reste dans notre sac à dos. De mon côté, l’envie trop intense d’arriver à destination me fait passer outre les ‘’plaisirs gastronomiques’’ que je pourrais découvrir dans cette ville. Je décide de continuer ma route, grignotant ce qu’il me reste de réserve, allégeant du coup le fardeau sur mes épaules.

À la sortie de Granby je transite sur l’Estriade, une autre piste cyclable qui, cette fois, me conduira directement à Waterloo. Je me rappelle à l’époque, quand j’étais dans la vingtaine je passais à vélo par la route 112, entre Granby et Waterloo, le chemin était particulièrement exigeant physiquement, présentant une dénivellation non pas très élevée mais régulière. Cette fois-ci par l’Estriade, je n’ai ressenti aucun besoin d’efforts supplémentaires, le terrain est plat, et ce, jusqu’à destination. De plus le paysage est fort agréable à contempler sans compter le fait d’éviter le stress de rouler sur l’accotement d’une route secondaire.  

Sur cette portion du parcours, rendu au chemin Saxby on peut bifurquer à droite pour se rendre en direction de Bromont pour ensuite emprunter la route 4 et se rendre jusqu’aux lignes américaines en passant par Sutton. Mais cela fera partie d’une autre aventure… Je me contente cette fois-ci de garder le cap vers Waterloo où j’avais été porter ma ‘’bagnole’’ la veille, chez une amie habitant ce coin, me réservant l’aller retour probablement à l’été prochain quand la température sera plus clémente. 

  J’arrive donc à Waterloo, qui est située à environ 25 kilomètres de Granby. Cette petite ville où j’ai occupé un emploi d’été pendant plusieurs années durant mon adolescence, s’est beaucoup transformée. Plusieurs constructions ont émergées autour du lac Waterloo, le cente ville s’est refait une beauté incluant la mise en valeur du patrimoine. Je redécouvre ce lieu, qui a marqué ma jeunesse, avec le regard d’aujourd’hui. Ayant fait du camping plusieurs années dans ce secteur, au début avec mes parents et plus tard avec un ami j’ai pu cotoyer cette belle région assez longtemps pour qu’il m’en reste des souvenirs impérissables. 

  Je jette donc un dernier coup d’oeil autour de moi, replace le vélo dans le coffre arrière de ma vieille Ford Focus et regagne l’autoroute 10 pour revenir au bercail. Une ballade à refaire assurément, sous le soleil de l’été idéalement, pour le paysage, les souvenirs et la forme !! 

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Mario
Mario

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